Les dérives de l’open source

Lundi 9 Septembre 2019

La mode est à l'open source pour un grand nombre de technologies, que ces dernières soient des briques ou des solutions à part entière.

Pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté définissons l'open-source : c'est une méthode d’ingénierie logicielle qui consiste à développer un logiciel, ou des composants logiciels, et de laisser en libre accès le code source produit.

Ce positionnement marché d'un grand nombre d'acteurs technologiques engendre des habitudes de marché dangereuses et des déceptions pour les clients.

Traitons les habitudes de marché dangereuses. Toute entreprise à but lucratif a un devoir de rentabilité pour garantir sa pérennité. Un grand nombre d'acteurs technologiques pratiquant l'open source n'est pas rentable, se développe commercialement grâce à sa gratuité et n'assure qu'une pérennité éphémère par levées de fonds successives, jusqu'à l'arrêt de ce type de financements, tel que le démontre l'exemple de MapR. Ce comportement est irresponsable car il éduque mal le marché et est antinomique avec les lois économiques.

On pourrait se poser la question de savoir si cette dérive de l'open source n'est qu'une conséquence du web. Si tel est le cas, il y a définitivement une confusion des genres. Le web a été créé par Berners-Lee, dans un but non lucratif, pour permettre au plus grand nombre un maximum de partage d'informations. Tant que l'open source a pour objectif cet échange maximum d'informations, il n'est pas déviant.

Il le devient dès lors qu'il sert à piéger les clients. Ces derniers choisissent ces technologies pour leur positionnement, pour leur effet de mode, en prenant moins en compte les besoins initiaux et les compétences internes nécessaires à leur déploiement et à leur exploitation.

Dès lors, l'entreprise se place dans une situation de dépendance technologique dangereuse, l'obligeant à s'engager de plus en plus loin avec cet éditeur et les services qu'il propose, peut-être au-delà de sa volonté initiale, la plaçant en position d'otage. C'est en cela que l'open source peut être déceptif pour les clients.

L'éditeur de son côté n'a d'autre choix que de créer des contextes de prestations de services, plus ou moins justifiés, lui permettant de créer sa source de revenus et ne le rendant pas pour autant bénéficiaire. Or, il lui revient de ne pas dévaloriser le fruit de son innovation, en sachant utiliser la valeur ajoutée de l'open source à bon escient et sans chercher à l'instrumentaliser.

En d'autres termes, l'open source ne doit pas servir à paupériser le secteur de l'innovation technologique.

Les clients doivent être en mesure de comprendre la valeur substantielle de ce qu'ils achètent et de rester en contrôle de leur budget.